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jeudi 12 juin 2008

L'avenir se dessine en rose


Au détour d'un chemin tortueux, retrouver ses vingt ans. Les yeux qui brillent, les cœurs palpitant et les corps qui s'enflamment encore et encore. Rien ne peut plus être comme avant. De par ses yeux, ses mains, sa voix, le monde a changé. Les ombres ont disparu et le doute ne fait plus partie du quotidien. La peur, vieille compagne de jadis, est désormais un souvenir. L'envol est permis, plus besoin de filet.

Il n'était pas là, puis il y était; imprévisible et incontournable. Plus qu'une oasis dans mon désert, beaucoup plus qu'un prénom sur une trop longue liste, plus que ce que le Destin avait dévoilé avant. Et enfin à ses côtés, hier n'est qu'un chemin vers lui, le présent file trop vite et l'avenir se dessine en rose.

mardi 8 avril 2008

De l'ombre

J'ai toujours des ombres dans mes tableaux. En fait, j'ai toujours le même type d'ombre. Le type qui vient du passé envahir ton présent. Le type qui prend de la place et que tu ne sais trop comment accueillir, aimer et encore moins si elle t'acceptera. Ces ombres qu'on appelle ex, amie moderne, fuck friend, etc.

Si je m'habitue aux ombres d'un tableau, le suivant me demande toujours plus d'adaptation encore. Même si j'évite volontairement de me mettre dans une situation de grisaille, en ne fréquentant pas les papas par exemple, je me retrouve sans cesse à devoir me réajuster.

J'ai refusé d'être l'ombre au tableau de LeLoup et de sa nouvelle petite copine. J'ai tiré ma révérence, peu importe ce que certains en ont pensé, quitte à le blesser et à perdre son amitié. Je ne pouvais être cette fille-là qui le connaissait mieux que personne, qui avait la meilleure place dans sa vie, qui avait plus de passé avec lui que la nouvelle venue. Je ne voulais pas qu'elle se sente menacée ou qu'elle ne m'aime pas; et je ne voulais pas sentir qu'on me tassait, qu'on m'évitait, que j'étais de trop. J'ai préféré choisir moi-même les termes de mon départ. J'aimerais dire que je le regrette, pourtant non. J'ai dû compter sur d'autres gens, j'ai eu à me faire une autre vie et à essayer autre chose. L'amitié avec LeLoup prenait beaucoup de place, et j'ai réussi à combler cet espace autrement. J'ai trouvé le bonheur ailleurs.

La petite ombre dans mon tableau actuel, je ne sais si elle grandira, partira ou restera telle quelle. Je sais que je n'ai pas envie qu'elle assombrisse tout le paysage et que je ferai ce qu'il faut pour cela, quitte à repeindre tout le tableau avec des couleurs vives.

lundi 11 février 2008

Troublée

Belle est la vie dans son ironie. Une porte se ferme, une fenêtre s'ouvre. Quelqu'un s'en va, quelqu'un entre. Inattendu. Imprévu. Imprévisible. Voilà qu'on rêvasse à un inconnu. Voici qu'on trouve désuètes les vieilles barrières. Souriante, pour rien, juste pour un mot de lui. Terrorisée, on espère un peu, pas trop surtout. Troublée, on ferme les yeux, on tend la main, souhaitant qu'une autre la saisisse au vol.

samedi 26 janvier 2008

Des braises chaudes


Le feu allumé si vite n'a pu s'enflammer pleinement; de l'eau on a versé dessus, tranquillement il s'est éteint. Plus tard lorsqu'on a tendu la main vers lui, quelle surprise de découvrir les braises encore chaudes malgré le temps passé. Doucement, on souffle... une petite flamme se met à vaciller, peut-être que le feu va revenir. On s'éloigne, on observe, tout s'éteint. À nouveau, on souffle, la flamme revient. On recule, elle s'éteint. On reprend le manège sans comprendre que les flammes ne reviendront pas si on ne prend le temps de les raviver, que le feu doit être alimenté, que si des braises peuvent rester chaudes longtemps, elles ne remplaceront jamais la chaleur d'un bon feu.

dimanche 30 décembre 2007

D'inspiration cubaine

Voici quelques mots écrits sur une plage...


*****

Premier jour de beau temps depuis notre arrivée, les nuages sont partis et le vent s'est calmé. Enfin, le soleil. La chaleur glisse sur ma peau, impression que mon corps se détend et s'étire pour mieux profiter de la caresse. Ici, on oublie la vie qu'on avait sous la neige. Le travail, les collègues, Noël et les cadeaux, ma famille, mon chat... envolés! Ici, je ne suis plus une montréalaise célibataire début trentaine, ici je ne suis qu'Annie. Et c'est assez.

*****

Elle est là avant lui. Il ne la reconnaît pas tout de suite, elle lui tourne le dos. Il s'approche, lui touche l'épaule. Elle lève les yeux vers lui, sourit de le voir enfin là. Il se penche pour l'embrasser sur les joues, elle sent bon. Elle souhaite que ce contact trop bref se prolonge, déjà il se redresse. Elle soupire de le voir aussi beau que dans ses souvenirs. Elle se lève pour le suivre. Il se dit qu'elle lui plaît encore. Elle se dit qu'il lui plaît toujours. Il lui cède le passage devant l'escalier. Elle le frôle volontairement en fermant les yeux à demi. Il retient son souffle et l'envie qu'il a de la retenir. Ce n'est ni le moment ni l'endroit. Plus tard. Plus tard, après s'être longtemps effleurés, après que les regards appuyés aient tout avoué, après qu'ils aient cessé de faire semblant. Alors, ils partiront vers un ailleurs où ils seront seuls.

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Aimer. Incapable de s'en empêcher. Le savoir. Ne rien pouvoir faire que de constater. Penser à lui et rêver de l'apercevoir. Qu'il te manque à en pleurer. Ne pas ignorer que l'espoir est mince et la déception probable. Le chasser de ton esprit par un plongeon dans la mer.

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Ici, le sable; là-bas, la neige. Ici, le temps qui s'étire et là-bas, toujours en manquer. Ici, une peau chaude, douce et dorée; là-bas, une peau blanche qui a froid et sèche. Ici, mes pieds nus en liberté; là-bas, la prison des chaussures. Ici, le regard des hommes te dit que tu es belle dix fois par jour; là-bas, le regard qui seul compterait t'échappe sans cesse.

jeudi 4 octobre 2007

Des fois

Des fois, ça prend juste une fille de vingt-cinq ans pour te rappeler que tu es vieille. Des fois, ça prend juste une fille que tu ne connais même pas pour t'empêcher de tendre la main pour atteindre ce qui te fait envie. Des fois, ça prend juste une fille dont tu as entendue parler sans la voir pour que tu te souviennes à quel point tu es inadéquate. Des fois, ça prend juste une fille, une autre qui n'est pas toi pour recueillir ce que tu as voulu, ce que tu as cru être tien si longtemps.

Des fois, ça prend juste un gars qui t'aime pour te faire de la peine en te parlant d'une autre. Des fois, ça prend juste un gars que tu veux pour te faire fâcher un peu. Des fois, ça prend juste un gars qui cache son bonheur pour que tu sentes qu'on a pitié de toi. Des fois, ça prend juste un gars que tu voudrais près de toi pour te faire sentir encore plus seule.

Des fois, ça prend juste moi pour pleurer sur le passé qui devrait y rester. Des fois, ça prend juste moi pour me gâcher l'existence. Des fois, ça prend juste moi pour me virer à l'envers jusqu'au malaise. Des fois, ça prend juste moi pour avoir envie de tout envoyer promener...

mercredi 3 octobre 2007

Encore!

Mon regard évite le sien et le cherche aussi. Sa main chaude se perd sur mon dos, je me sens fondre. Envie de plus. Plus tard, son corps contre le mien et mon esprit qui vacille. Mes doigts sur sa nuque finissant par jouer dans ses cheveux. Puis enfin, un baiser.

Pas un vrai premier baiser, pas celui qu'on attendait. Non. Pire et mieux. Juste ses lèvres bien appuyées contre les miennes, juste le temps de réaliser et de regretter que ce soit terminé. Déjà, il s'éloigne, s'enfuit. Les Sens, à peine sorti du sommeil des derniers mois, protestent et le réclament: "Lui! Oui! Lui!" La Raison, sourire en coin, admire la tactique encore et encore, s'étonnant de s'être si bien laissée prendre au jeu du Désir...

dimanche 16 septembre 2007

Juste ça

J'écris moins ces temps-ci car je me fais à croire que ma pause amoureuse se prolonge. V. est toujours "sur la glace", je ne l'ai pas rappelé. Il m'a clairement dit que la balle était dans mon camp et de le recontacter quand je serais prête. En théorie, rien ne m'arrête. Sauf que...

Sauf qu'il y a quelqu'un d'autre qui me trotte dans la tête. En fait, il trotte tellement qu'il doit bien avoir fait 100km maintenant! Le beau Stef, comme je me plais à l'appeler dans son dos, occupe mes pensées des plus romantiques aux plus débridées. Et je ne comprends pas trop pourquoi. D'accord, il est cute, brillant, drôle. Mais je ne le connais que très superficiellement. Pourquoi alors est-ce que je souris quand il rit, que je suis bien quand il est physiquement près de moi et qu'un mot gentil de sa part met du soleil dans ma journée?

J'essaie régulièrement de chasser cette idée de lui et moi ensemble. Je me dis que ça n'a pas de sens, je trouve toutes les raisons qui font que cette histoire ne fonctionnera pas et je me convaincs que mon intérêt n'est pas partagé. Mais invariablement, à chaque fois que je me sens prête à l'oublier, il me fait un sourire, me regarde ou m'envoie un message ambigu, et c'est reparti! Parfois nos courriels virent carrément au flirt et je commence à croire que peut-être lui aussi... Puis je ne sais pas, on laisse les choses en suspend, rien ne se passe, tout est un peu flou. C'est autant de sa faute que de la mienne, personne ne bouge ou n'ose le faire. Je suis trop peureuse pour prendre le risque de le toucher de manière non-équivoque.

Pourtant j'ai juste envie de l'embrasser, d'être contre lui, de sentir sa chaleur. Je voudrais qu'il me renverse sur un lit, me déshabille et fasse de moi ce qui lui plaît. J'aimerais m'endormir dans ses bras, encore toute tremblante de ses caresses et de ses baisers. Juste ça. Juste ça ce serait tellement bien.