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samedi 17 mai 2008

Liste des choses à faire


  • Changer mon statut sur le blogue: fait hier matin
  • Changer mon statut sur Facebook: fait hier soir
  • L'effacer de mes amis Facebook et de mes contacts msn: fait hier matin
  • Boire trop de vin avec les copines: fait hier soir
  • Ventiler, bitcher, laisser sortir le fiel: fait hier soir avec les copines
  • Avoir la gueule de bois parce que bu trop de vin: fait ce matin
  • Étirer la jambe à la recherche de la jambe virile qui s'y trouvait il y a si peu: fait hier dans la nuit
  • Pleurer en découvrant que cette jambe n'y sera plus: fait hier dans la nuit
  • Se rappeler le premier baiser au restaurant et pleurer: fait hier dans la nuit
  • Se souvenir de vos premiers "je t'aime" et pleurer: fait hier dans la nuit
  • Débattre avec soi-même ce qui aurait dû/pu être: fait hier dans la nuit
  • Effacer son nom du carton d'invitation au mariage de mon collègue: à faire dès que j'en aurai la force, mais d'ici mardi
  • Laver les draps pour effacer toute trace de lui: à faire ce matin
  • Répondre à son énième e-mail en pleurant: fait maintes fois
  • Serrer "son" oreiller en pleurant avant de le laver, faute de réelle rupture physique que la technologie moderne nous a "épargnée": probablement ce matin
  • Se rappeler cette face craquante si drôle qu'il faisait: fait juste là, à l'instant
  • Pleurer parce qu'il te manque: en cours
  • Pleurer sur ses mains habiles qui ne parcourront plus jamais tes courbes: en cours
  • Accepter de ne pas le revoir jamais: en cours sans grand succès
  • Te maudire et te traiter de tous les noms: fait à chaque deux-trois heures
  • Faire fondre sa crème glacée à la saveur étrange que je ne mangerai pas: à faire aujourd'hui
  • Se laver, se mettre belle et aller faire les courses pour le souper de ce soir: à faire cet après-midi
  • Te retrouver en boule sur ton lit en train de pleurer: sera fait régulièrement ce week-end
  • Résister à l'envie folle de le revoir: continuellement
  • Aller souper chez mes amis et me faire consoler: à faire ce soir
  • Aller grimper: dimanche et/ou lundi
  • Peindre mon appartement: à faire au cours du mois
  • Réfléchir longtemps avant de peindre ma chambre en rose: en cours
  • Aller danser, me saouler et flirter avec tous les inconnus: à faire samedi prochain
  • Rescaper le cours que tu allais abandonner par faute de temps: d'ici les deux prochains mois
  • Tenter de faire survivre l'orchidée qu'il m'a donnée: à faire pendant les prochains mois
  • Essayer de respirer à travers la douleur: en cours
  • Pleurer de savoir que quelque part pas très loin, il souffre aussi et vouloir effacer sa douleur: régulièrement
  • Mettre de la crème sur tes yeux bouffis: tous les jours cette semaine
  • Oublier l'image de sa main sur un éventuel bedon arrondi dans une maison dans le 450: sérieux? ça aussi? svp, donnez-moi une couple de semaines, peut-être l'été pour celle-là
  • Pleurer: en cours
Mon Dieu, la très grande Édith Piaf

jeudi 21 février 2008

L'épreuve annuelle

Le rendez-vous est pris deux mois à l'avance. J'ai prévenu mon superviseur que je serais en retard ce matin-là. J'arrive dans le vestibule, retire mes bottes. Je donne ma carte au comptoir, mets mon manteau au vestiaire et vais m'asseoir en agrippant une revue au passage. Je suis certainement la seule à lire "In Style" plutôt que le "Coup de Pouce" ou "Canadian living" en ces lieux. La salle d'attente se remplit et je jette des coup d'œil autour de moi: beaucoup de couples, quelques femmes seules; je suis probablement la seule dans ma situation. La secrétaire m'appelle pour me peser. Pourquoi est-ce que leur balance me donne toujours 3lbs de plus que la mienne à la maison?

Finalement, on m'appelle et je me dirige vers le cabinet minuscule. Je connais la routine: enlève le jeans, la culotte que je mets toujours dans la poche du jeans de peur de l'égarer. Je m'assois sur la table d'examen et glisse sur mes genoux la serviette rose et blanche prévue à cet effet, histoire de ne pas se sentir trop dénudée. Et j'attends. Je me demande si elle me refera le coup de l'an dernier et me parlera de mon horloge biologique. Ça me déprime juste de l'envisager. Tout à coup, un drôle de bruit me sort de mes réflexions. Un bruit un peu électrique, étrange, fort, rapide et régulier. Je sais ce que c'est, je l'ai entendu l'an dernier aussi, car les murs ne sont pas très bien isolés ici. C'est le cœur d'un bébé. Sans le vouloir, sans y réfléchir, je souris. Puis mes yeux se mouillent. Je repense aux bedons aperçus dans la salle d'attente, aux petits couples heureux, image de ce que je veux tellement un jour, de ce que je croyais que j'aurais déjà à mon âge. Je me dis que si elle me parle de mon horloge biologique cette année, je vais me mettre à pleurer.

Finalement, elle entre. Je ne la vois qu'une fois par an, mais je l'aime beaucoup. Elle dit: "vous avez 31 ans" et je précise "32 dans 3 semaines!". Finalement, elle me parle de mon boulot et je pense que le fait que je lui parle ITS permet d'éviter le sujet de ma fertilité limitée par le temps. Elle a une phrase très drôle sur le dépistage: "je le fais plus régulièrement sur les jeunes qui ne sont pas en relation et polygames." Je réponds: "je suis monogame, mais je ne suis pas en relation". Elle sourit. Je me retiens de lui dire que j'ai envie qu'elle soit mon obstétricienne plus que ma gynéco, mais que d'ici là, c'est d'une entremetteuse que j'aurais bien besoin.

Elle me remet la prescription pour les petites pilules roses qui me permettent des séances horizontales doublement protégées. Je la remercie, on échange des politesses et je me rhabille dès qu'elle ferme la porte. Je ne la reverrai pas avant un an. Tantôt, je vais avoir des crampes à cause de l'examen; là, je suis juste soulagée d'avoir passé à travers cette petite épreuve annuelle sans pleurer sur ce que je n'ai pas dans le ventre.

dimanche 30 décembre 2007

D'inspiration cubaine

Voici quelques mots écrits sur une plage...


*****

Premier jour de beau temps depuis notre arrivée, les nuages sont partis et le vent s'est calmé. Enfin, le soleil. La chaleur glisse sur ma peau, impression que mon corps se détend et s'étire pour mieux profiter de la caresse. Ici, on oublie la vie qu'on avait sous la neige. Le travail, les collègues, Noël et les cadeaux, ma famille, mon chat... envolés! Ici, je ne suis plus une montréalaise célibataire début trentaine, ici je ne suis qu'Annie. Et c'est assez.

*****

Elle est là avant lui. Il ne la reconnaît pas tout de suite, elle lui tourne le dos. Il s'approche, lui touche l'épaule. Elle lève les yeux vers lui, sourit de le voir enfin là. Il se penche pour l'embrasser sur les joues, elle sent bon. Elle souhaite que ce contact trop bref se prolonge, déjà il se redresse. Elle soupire de le voir aussi beau que dans ses souvenirs. Elle se lève pour le suivre. Il se dit qu'elle lui plaît encore. Elle se dit qu'il lui plaît toujours. Il lui cède le passage devant l'escalier. Elle le frôle volontairement en fermant les yeux à demi. Il retient son souffle et l'envie qu'il a de la retenir. Ce n'est ni le moment ni l'endroit. Plus tard. Plus tard, après s'être longtemps effleurés, après que les regards appuyés aient tout avoué, après qu'ils aient cessé de faire semblant. Alors, ils partiront vers un ailleurs où ils seront seuls.

*****

Aimer. Incapable de s'en empêcher. Le savoir. Ne rien pouvoir faire que de constater. Penser à lui et rêver de l'apercevoir. Qu'il te manque à en pleurer. Ne pas ignorer que l'espoir est mince et la déception probable. Le chasser de ton esprit par un plongeon dans la mer.

*****

Ici, le sable; là-bas, la neige. Ici, le temps qui s'étire et là-bas, toujours en manquer. Ici, une peau chaude, douce et dorée; là-bas, une peau blanche qui a froid et sèche. Ici, mes pieds nus en liberté; là-bas, la prison des chaussures. Ici, le regard des hommes te dit que tu es belle dix fois par jour; là-bas, le regard qui seul compterait t'échappe sans cesse.

lundi 26 novembre 2007

Pour le suivant...

Cher Futur Homme du Moment,


J'écris ces lignes en souhaitant que tu ne les lises jamais. J'espère secrètement, qu'en plus de qualités nombreuses et de défauts adorables, tu auras une vie bien remplie. Le genre de vie qui ne te laissera pas deux minutes pour surfer sur le net et lire des blogues perso de filles célibataires qui en dévoilent un peu trop sur elles-mêmes.

J'ai envie que tu te présentes à notre premier rendez-vous sans avoir avec toi une foule d'informations sur qui tu penses que je suis et ce que je veux. Je veux que tu apprennes à me connaître sans préjugés et non que tu essaies de vérifier si je suis la même fille dont tu lis les textes quasi-quotidiennement. J'aimerais que tu saches ce que je ressens pour toi parce que je te l'ai dit et non pas parce que tu l'as lu entre deux lignes. Je veux pouvoir écrire sans contrainte. Je veux coucher sur le papier mes impressions sur ce que je vis avec toi et sur ce qui fait que tu es spécial pour moi sans me sentir mise à nue.

Je n'ai plus envie de me censurer, de dissimuler et/ou mentir parce que le gars qui m'intéresse - voir même son ex ou le mien - font partie de mon modeste (mais Ô combien apprécié!) lectorat. J'en ai assez d'écrire un texte délibérément travaillé pour séduire l'homme du moment. Je veux retrouver la liberté de mes premiers instants où seulement quelques paires de yeux anonymes se posaient sur mes mots et où mon Coeur n'était pas sans cesse bâillonné par la Raison.

Toi qui fera battre ce Coeur, frémir ces Sens et sourire la Raison, je veux pouvoir choisir le moment où je te parlerai de mon blogue et de ce qu'il représente pour moi. Je veux pouvoir t'expliquer que cette Annie-là est une partie de moi, mais pas entièrement et complètement moi. Je veux être à côté de toi quand tes yeux se poseront pour la première fois sur ces pages roses, afin de t'expliquer le pourquoi et le comment, que tu ne te méprennes pas. Et je te sais, sans même te connaître, assez intelligent pour saisir et comprendre.

Ta future fréquentation,
Annie xx

samedi 6 octobre 2007

Soirée improvisée

C'est la lumière qui entre par la fenêtre qui me force à ouvrir un oeil. Je ne suis pas chez moi et je constate que j'ai dormi avec mon soutien-gorge. Mon regard myope fait le tour de la pièce. Ça va, je suis chez mon amie France. Soulagée, je referme les yeux et tente de me rendormir. Mais la soirée d'hier me revient par flash...

Je ne "feelais" pas et j'ai pleuré au téléphone quand France a appelé. On est allées faire de l'escalade comme prévu et j'étais en feu. Hey! j'ai même réussi le fameux mur avec la cheminée qui me narguait depuis la dernière fois! Et tout le négatif est parti avec la grimpe.

Après, France voulait aller prendre une bière. Me suis regardée: pas maquillée, souliers plats, queue de cheval et casquette; lui ai demandé si elle était sérieuse. Elle a dit qu'on s'en foutait. On est tout de même passées par chez moi que je mette un jeans et une touche de parfum. Maquillage? Ah! puis non! Vive le naturel! Alors on est allées au Petit Medley.

La première pinte a fait disparaître mon impression de ne pas "fitter" avec les pitounes de la place. On s'est mis à jasé avec deux facteurs. On n'a plus les facteurs qu'on avait! Ils sont jeunes et cutes maintenant chez Postes Canada. L'un d'eux, Benoit nous a payé des shooters et je me suis mis à danser avec lui.

Puis j'ai vu Chris et Mat, couple gai de mes amis. Ils étaient venus en gang avec des collègues. Comme à l'habitude quand ils sont autour, ils ont un plan de fou pour moi. Le plan a pour nom Sébastien et est vraiment cute. Assez pour que je le laisse m'embrasser éventuellement... plus d'une fois.

J'ai bu pas mal, mais je me rappelle n'avoir payé qu'un verre... Qui a payé pour tout cet alcool?! Peu importe. Mais l'auto a dû restée sagement stationnée près du bar. D'où que je me réveille chez France avec un léger mal de bloc.

Attends! T'oublie un détail! Il y autre chose! Je tends la main vers mon jeans qui a abouti sur la chaise à côté du sofa-lit, cherche la poche, y plonge la main et en sort deux bouts de papier chiffonés. C'est ce que je croyais: j'ai bel et bien deux numéros de téléphone... Celui de Benoit... Celui de Sébastien...

jeudi 4 octobre 2007

Des fois

Des fois, ça prend juste une fille de vingt-cinq ans pour te rappeler que tu es vieille. Des fois, ça prend juste une fille que tu ne connais même pas pour t'empêcher de tendre la main pour atteindre ce qui te fait envie. Des fois, ça prend juste une fille dont tu as entendue parler sans la voir pour que tu te souviennes à quel point tu es inadéquate. Des fois, ça prend juste une fille, une autre qui n'est pas toi pour recueillir ce que tu as voulu, ce que tu as cru être tien si longtemps.

Des fois, ça prend juste un gars qui t'aime pour te faire de la peine en te parlant d'une autre. Des fois, ça prend juste un gars que tu veux pour te faire fâcher un peu. Des fois, ça prend juste un gars qui cache son bonheur pour que tu sentes qu'on a pitié de toi. Des fois, ça prend juste un gars que tu voudrais près de toi pour te faire sentir encore plus seule.

Des fois, ça prend juste moi pour pleurer sur le passé qui devrait y rester. Des fois, ça prend juste moi pour me gâcher l'existence. Des fois, ça prend juste moi pour me virer à l'envers jusqu'au malaise. Des fois, ça prend juste moi pour avoir envie de tout envoyer promener...

mercredi 3 octobre 2007

Encore!

Mon regard évite le sien et le cherche aussi. Sa main chaude se perd sur mon dos, je me sens fondre. Envie de plus. Plus tard, son corps contre le mien et mon esprit qui vacille. Mes doigts sur sa nuque finissant par jouer dans ses cheveux. Puis enfin, un baiser.

Pas un vrai premier baiser, pas celui qu'on attendait. Non. Pire et mieux. Juste ses lèvres bien appuyées contre les miennes, juste le temps de réaliser et de regretter que ce soit terminé. Déjà, il s'éloigne, s'enfuit. Les Sens, à peine sorti du sommeil des derniers mois, protestent et le réclament: "Lui! Oui! Lui!" La Raison, sourire en coin, admire la tactique encore et encore, s'étonnant de s'être si bien laissée prendre au jeu du Désir...

lundi 13 août 2007

Annie au camping

Ce week-end, je suis allée camper à Eastman avec des amis (rires étouffés des amis et connaissances). C’était la deuxième fois en trois semaines (éclats de rires incontrôlables interrompus par des commentaires du style « Annie dans le bois?! », « on a dû la traîner de force! » et « j’y crois pas! »). Bon, alors attachez vos tuques avec de la broche : j’aime ça! (l’entourage se roule par terre en hurlant de rire).

Longtemps, j’ai ri des « trippeux » de plein-air. Je ne comprenais absolument pas l’intérêt de s’exiler dans le bois, sans eau, sans électricité pour se faire bouffer par les moustiques. C’est quoi? Il faut manger de la misère pour se prouver qu’on est quelqu’un? Faut grimper une montagne pour être cool? Meurt-on moins heureux de ne pas savoir allumer un feu de camp? Vraiment, tout ça me faisait rire et je ne dis pas combien d’amants de la nature j’ai « flushé » sur Réseau-Contact dans le passé!

Ça a donc pris deux bonnes années pour que mon ami Mathieu réussisse à me convaincre de venir camper avec lui et notre cercle d’amis communs. Il a promis bien des choses, dont de l’alcool en quantité, de la bonne bouffe et même une toilette chimique portative. France s’est joint à lui et a offert que je dorme dans sa tente, ajoutant qu’elle s’assurerait que mon expérience se passe dans les meilleures conditions. De mon côté, j’ai exigé des guimauves sur le feu et l’affaire a été conclue. Je suis donc partie en camping pour la première fois depuis 10 ans le week-end du 21 juillet.

Mathieu et France ayant tenus leurs promesses respectives, j’ai vraiment eu du fun. J’ai eu mon cours de « Tente 101 », la formation « Cueillette de petit bois » ainsi qu’un atelier autodidacte sur « Facile d’utiliser les toilettes chimiques, c’est comme un petit pot pour adultes! ». Le tout généreusement arrosé d’alcool, ce qui fait que l’atelier sur les toilettes est devenu de plus en plus « challengeant » plus la soirée avançait! Je les ai tout de même surpris en apportant une mini lampe de poche, des serviettes humides et mon super chasse-moustiques pour les enfants qui sent la gomme balloune (les deux derniers items furent très en demande lors de la prise deux cette fin de semaine, je les recommande fortement). Je suis peut-être une urbaine, mais je demeure organisée partout où je vais!

Sans blagues, qu’est-ce que j’aime du camping? J’aime que je décroche complètement. J’aime que j’ai l’impression d’être loin de chez moi et de mon quotidien, d’être en mini-vacances. J’aime aussi le sens de communauté qui s’installe, partager les tâches, créer un petit chez-soi dans le milieu de « nowhere ». Et j’aime particulièrement les soirées autour du feu, lorsqu’installés dans nos super chaises pliantes, une bouteille à la main, on se met à regarder les flammes et les étoiles. Des fois, on parle de choses sérieuses, souvent on dit des niaiseries, et on rit beaucoup. Dans ces moments-là, j’aime le monde entier, et je me sens en paix avec la Vie.

C’est sans doute cette paix-là qui a inspiré des commentaires/réflexions inouïes ce week-end. Sérieusement, je n’aurais jamais cru que je penserai/dirai quoi que ce soit du genre! Voici le top 5, de la moins surprenante à la plus surprenante :

5- Me demande si je serais capable de partir le feu.
4- J’aimerais ça avoir ma tente à moi un jour.
3- Fais donc ben chaud et humide en ville, j’étais mieux dans le bois.
2- La prochaine fois, on pourrait arriver le vendredi et dormir deux nuits.
1- Je pense que j’ai le goût de faire du plein-air…

jeudi 9 août 2007

Le Coeur et la Raison

Rien ne me décrit mieux que ces mots-là: raison, passion. Le côté logique, rationnel, très scientifique de ma personne vs. la sentimentalité, les émotions et le coeur sensible légués par ma mère. C'est difficile à concilier. Je n'analyse pas tout ce qui se passe, je suranalyse tout ce que je perçois et ressens. C'est fou. J'oscille continuellement entre le coeur et l'esprit, les sentiments et la rationalité, entre la passion et la raison. C'est comme avec L'Épistolier. Des fois, il dit quelque chose de craquant et je sens mon Coeur faire un petit bond dans ma poitrine. Au même moment, la Raison s'insurge et j'arrive pratiquement à entendre leur dialogue...

********
La Raison plonge la main dans la poitrine, en extirpe le Coeur tout frémissant et le gifle:

- Non mais?! Ça va pas?! Qu'est-ce que tu nous fais là?! Tu accélères? Tu oses faire un soubresaut?

Le Coeur se frotte le ventricule gauche où les doigts de la Raison l'ont frappé, et réplique:

- Ben quoi?! Il était tellement cute! Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce que je batte un petit peu plus vite?

- Qu'est-ce qu'il y a de mal?! Tu demandes qu'est-ce qu'il y a de mal?! Allô?! tu ne te souviens pas de ce qui arrive quand tu t'emballes toi? À chaque fois, c'est moi qui doit recoller tes morceaux et te remettre en état quand tout finit par finir. À grands renforts de temps supplémentaire au boulot et d'activités sociales en tous genres pour t'étourdir! Veux-tu vraiment qu'on repasse par là?

Le Coeur fixe le sol piteusement et dit tout bas:

- Pas vraiment.

La Raison échappe un soupir de soulagement. Le Coeur se redresse et ajoute rapidement:

- Mais c'est tellement bon d'être amoureux! Tu le sais! Toi aussi t'en profites. Fais pas semblant de pas te rappeler comment tu performes mieux à tous les niveaux quand on aime! Que la vie est belle, que le soleil est plus chaud et que les problèmes ont moins d'importance...

Le Coeur regarde la Raison en souriant. À contre-coeur, Elle répond:

- Je l'admets.

- Tu vois!

De joie, le Coeur sautille et se met à gambader en déclamant:

- "Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. Un trouble se leva en mon âme éperdue; je sentis tout mon corps et transir et brûler. Je reconnus Vénus et ses feux redoutables, d'un sang qu'elle poursuit tourments inévitables".

La Raison lève les yeux au ciel et dit sur un ton las:

- Et voilà qu'il nous cite Racine! C'est quoi, Phèdre? Tantôt il va se mettre à chanter Céline Dion!

Le Coeur poursuit en se jetant à genoux devant la Raison:

- "J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime, innocente à mes yeux je m'approuve moi-même, ni que du fol amour qui trouble ma raison, ma lâche complaisance ait nourri le poison."

- Bon, ça suffit!

La Raison attrape le Coeur par une oreillette et le remet debout:

- Tu vas te calmer l'ami, tu n'aimes personne et je le sais bien! Tes petits frémissements pour L'Épistolier, ce n'est pas de l'amour.

- Pas encore! mais ça pourrait le devenir si...

- Si quoi? Si je te laissais faire? Tu nous as assez conduit aux catastrophes dans le passé, la Patronne n'en peut plus de tes frasques alors j'ai mon mot à dire maintenant! Autant que toi!

Le Coeur donne un coup de pied sur un caillou en se renfrognant:

- T'es plate! Ça fait des années qu'on n'a pas été amoureux!

- Hé! Oh! Et Dom lui? Tu l'oublies?

- Dom c'était ton oeuvre, pas la mienne. Oh! d'accord, j'ai bien fini par "l'affectionner", c'est vrai, mais l'aimer vraiment? Pfft! Jamais! Si t'avais pas été là, ça n'aurait pas dûrer plus qu'un mois. Mais toi avec tes commentaires si raaaaiiiiisonnables: "il est gentil, il a de bonnes valeurs, il veut des enfants, l'horloge biologique, il n'a pas peur de l'engagement, et gna-gna-gna, et gna-gna-gna...". Tas de conneries! La Patronne s'est acharnée pour rien et on a perdu 6 mois! Voilà pour l'Horloge Biologique! Beurk!

Le Coeur crache par terre. La Raison se met à tourner en rond. Elle s'arrête et dit:

- Pourquoi D.? Je ne comprends pas! Tu restes froid pendant des années, à part quelques petits sursauts par-ci par-là, mais rien de très dangereux. Finalement, je te crois mort ou du moins frigide et je peux respirer enfin, me concentrer sur autre chose que ta sauvegarde. Et il survient! Et voilà: Monsieur fréééémit!!! Je ne comprends pas. Explique-moi! Il est blond aux yeux bleus et nous on aime les bruns habituellement. Il aime le camping, le plein-air, fait de l'escalade, du ski même! La Patronne elle, écoute trop la télé, va au gym irrégulièrement, joue aux Sims pendant des heures pour décrocher et est terrorisée de ses roller-blades! Bref, il est actif et la Patronne... passons!

- Et? Tu crois que je me base là-dessus moi? Je m'en fous de tout ça. Il me plaît. En fait, il lui plaît à Elle!

-C'est injuste! Tu ne vois donc pas que L'Épistolier nous a "bypassé" tous les deux? Ce n'est pas par toi qu'il l'a eue ni par moi... il l'a eue par les Sens!

- Aaah! les Sens!

- Oui... les Sens!

Le Coeur et la Raison soupirent, s'arrêtent un instant et se mettent à rêvasser les yeux dans le vague... finalement, la Raison rougit violemment et se secoue:

- Oui bon! les Sens! On n'en serait pas là sans Eux!

- Pour une fois, je suis d'accord. C'est qu'Elle est sensible aux Sens, la Patronne.

- À qui le dis-tu?! Ils sont totalement hors de mon contrôle!

- Et tu crois qu'Ils m'écoutent davantage?!

Ils restent songeurs. Le Coeur s'asseoit, met ses deux oreillettes dans ses mains et dit:

- Qui va gagner alors? Toi ou moi?

La Raison s'assoit aux côtés du Coeur et l'entoure d'un bras:

- Je pense qu'on est cuits mon ami, je pense que les Sens ont déjà gagné et que toi et moi n'avons qu'à bien nous accrocher car quand c'est Eux qui mènent, le meilleur et le pire peuvent arriver...

mardi 31 juillet 2007

Le militaire

Il débarque chez moi pour la fin de semaine. Ça fait cinq semaines que je l'ai vu. Dès son arrivée, je note les changements: les cheveux rasés, le cou plus large et les biceps bien développés. Il me serre dans ses bras en me soulevant de terre, il a toujours aimé faire ça. Je suis contente de le voir, contente qu'il soit là. On installe ses trucs et on part à pied au resto vietnamien. Pendant le souper, on se raconte le nouveau. Il en a long à dire sur l'armée et son expérience. Je l'écoute, je le trouve plus mûr qu'avant. On rentre et on se couche tôt, car il est claqué.

Le reste de la fin de semaine passe vite: on fait quelques courses, il répare ma hotte de cuisine, m'aide à monter mes petites tables IKEA. Dieu que c'est pratique un homme à la maison! Je nous fais du poulet sur le barbecue et malgré l'énormité de la poitrine que je lui ai servi, il dévore tout avec appétit. Le soir venu, on se loue deux films et ce coup-ci c'est moi qui tombe de sommeil avant la fin du second.

Déjà dimanche... on déjeune ensemble. Il fait le tri dans ses affaires, car il laisse le superflu chez moi, et refait ses bagages. Je trouve toujours dur de le voir s'en aller: j'ai envie qu'il parte, j'ai envie qu'il reste. On s'embrasse et on se sert fort, il dit merci et s'en va avec son linge tout propre qu'il a lavé pendant le week-end. Dans sa poche, les clés de l'appartement de sa grande soeur à Montréal...

Il va probablement revenir quelques fois d'ici à septembre pour profiter de ma laveuse et dormir des nuits de douze heures sur mon futon!

********

Mon petit frère en est à sa sixième semaine au camp de recrues des Forces Armées Canadiennes à St-Jean-sur-Richelieu et c'était sa première permission. François et moi sommes très différents, et sa décision de s'enrôler n'est pas facile à accepter, mais je la respecte. Depuis qu'il me l'a annoncée, j'ai un nouveau détecteur pour les gens qui ne m'aiment pas vraiment: quand je parle de mon frère dans l'armée, ces gens-là vont me sortir le mot "Afghanistan" dans un délai proportionnel à leur sympathie envers ma personne. C'est pratique pour savoir qui sont vos vrais amis. Ceux qui me connaissent savent que de toute ma famille, c'est mon frère qui est la personne la plus importante à mes yeux, qu'étant l'aînée je l'ai toujours protégé un peu, que je ne veux que rien de mal ne lui arrive, jamais. Et comme ils savent cela, on ne me parle pas de l'Afghanistan avant que j'en parle.

Le plus beau cadeau que mes parents m'ont fait, c'est de me donner un frère à aimer.

lundi 16 juillet 2007

L'art du baiser

Il y a un épisode de Sex and the city où les quatre personnages abordent le sujet du baiser. C’est tout à fait hilarant parce que tellement vrai. Leur conclusion est qu’on ne peut « dater » quelqu’un qui embrasse mal, parce que ça ne se corrige pas; je suis de leur avis. Et j’ajouterais que peu importe ce qui se passe entre deux personnes par la suite, il y a un seul premier baiser, une seule chance que le moment soit magique et inoubliable. Le rater vous condamne à vous dire que vous adorez votre partenaire mais que dans votre top trois des meilleurs baisers…iiisshh! il ne fait pas le poids. Sans être dramatique, c’est tout de même plate. Mais comment on fait pour que ce soit bon du premier coup?

Tout d’abord, je dirais que si vous embrassez comme vous mangez un cornet de crème glacée, moi je passe mon tour! Sérieusement messieurs, passer sa langue délicatement sur les lèvres de sa partenaire, d’accord, mais lui lécher la bouche??? La joue???!!! J’ai connu ça deux fois cette année! Ai-je l’air délectable ou désirable?! Il y a aussi ceux qui, on ne sait trop comment, vous laisse avec de la salive du nez au menton… pas cool ça non plus. C’est comme ceux qui laissent leur langue dans votre bouche comme une limace morte… Ah! et ceux qui vous sucent la langue comme s’ils étaient un aspirateur : un peu de retenue, s.v.p.! J’ai connu un gars qui se servait de sa langue comme d’une lance, faisant un va-et-vient rapide dans ma bouche : à éviter à tous prix! Oh! Et ceux du type « pas de langue du tout », ça non plus ce n’est pas très intéressant, on dirait que ça les écœure.

De quoi il aurait l’air mon premier-baiser-parfait-qui-me-fait-fondre -et-oublier-tous-les-autres-baisers-précédents? Il aurait été précédé de conversations intelligentes, de rires partagés, de coup d’œil qui en disent long. Il y aurait eu frôlements, petites caresses polies mais appuyées, et peut-être quelques mots chuchotés à l’oreille. Plusieurs fois, il se serait approché suffisamment près pour que je me demande s’il allait le faire, mais non! Et le moment venu, je me vois bien appuyée contre un mur, lui très près et il me regarde, je le regarde, ma respiration s’accélère et mon cerveau roule à 100 milles à l’heure… et c’est à cet instant, qu’il se penche lentement. Il commence doucement par embrasser mes lèvres, puis avec sa langue il les entrouvre. C’est doux, puis un peu plus fort, juste assez pour que je sente qu’il en avait envie depuis longtemps.

Et une des choses qui me réconcilient le plus avec le fait d'être célibataire, c'est que dans un futur plus ou moins rapproché, avec je-ne-sais-quel-bel-inconnu, j'aurai droit à un premier baiser...

samedi 7 juillet 2007

Le petit blond aux yeux bleus... ;)

Rien de mieux pour finir une dure semaine de boulot qu'une soirée entre amis. Vendredi soir, je suis allée au resto avec mon amie Nicki, son chum, un couple de leurs amis, K. et A., ainsi que Yan, le frère célibataire de K.... comme par hasard... En fait, K. m'a rencontrée une fois auparavant, au moment où Dom et moi débutions. Elle avait tout de suite mentionné qu'elle me verrait bien avec son frère.

Yan est cute, dans un genre cool, voir un rien bohème, il a 30 ans et aime beaucoup les enfants. Je ne peux pas vous en dire grand chose, car je n'étais pas dans un mode "attaque" hier et ne l'ai pas cuisiné. J'avais juste envie de bien manger, bien boire en charmante compagnie et ce fût le cas. Mais déjà quelques mini "red flags": il est allergique aux chats, m'a dit ne pas boire beaucoup de vin et n'a pas d'auto (Brossard-Ahuntsic en transport en commun, pas commode!). Sa soeur K. est adorable, elle m'a dit qu'elle me trouvait très drôle et enjouée. J'aime bien les filles sincères qui font des compliments! :) Même si ça sent la grande soeur qui a trouvé LA fille qu'elle veut pour belle-soeur.

On a eu beaucoup de plaisir et on a terminé la soirée dans le 450 en faisant un feu dans la cour arrière de K. et A. Leurs fils de 4 an et demi (qui refusait de se coucher avec toute cette visite) m'a adopté illico en me tendant les bras et en me disant "j'aimerais ça que tu me prennes". J'ai fondu et l'ai installé sur mes genoux; c'est rare les blonds aux yeux bleus qui me font une remarque comme ça 15 minutes après notre rencontre! Au bord d'un feu, une bière à la main, un petit garçon tranquille sur les genoux pendant que les adultes font des blagues un peu grivoises... le bonheur est vraiment dans les petites choses.

Pour me confirmer que j'ai vraiment la "touch" avec les enfants, c'est même moi qui ait mis le petit au lit car il refusait d'y aller avec qui que ce soit d'autre. Ça m'a fait une chaude douceur au coeur et j'ai entendu un "tic-tac" impertinent en musique de fond; celui-là même que j'entend plus fréquemment plus je vieillis et que je fais mine d'ignorer la plupart du temps.

Belle soirée relax, sans pression. Les amis, c'est le sel de la vie.

mardi 26 juin 2007

L'alignement des planètes

Peut-être que certains d'entre vous se demandent pourquoi j'écris mon blogue. Qu'est-ce que j'ai de plus (ou de moins!) que les autres pour raconter mes petites histoires comme ça sur la place publique? C'est la question que je me pose moi-même et étrangement, au moment où je me la pose, la vie me répond...

*****

Samedi après-midi, je sors de chez moi et me dirige vers mon auto, pressée d'aller au lab pour un truc oublié. En arrivant devant ma portière, que vois-je?! Malheur! j'ai un pneu à plat (mieux connu sous le nom de"flat"). Réfléchissant, je me dis que je n'ai d'autre choix que de me rendre à la station d'essence la plus proche pour le regonfler puisque je n'ai pas de pompe. Je monte dans l'auto et c'est alors que le voisin d'en face, qui arrosait sa plate bande, se met à me faire des signes:


-Ton pneu est dégonflé.

-Je sais, je vais aller le regonfler au garage.

-Tu ne devrais pas rouler dessus, tu vas abîmer ton "rim".

Je reste perplexe. Il faut que je vous mentionne que je change d'auto ce mardi (demain!!!) et que je laisse ma vieille Accent au concessionnaire pour repartir avec ma belle Elantra toute neuve. Alors la dernière chose dont j'ai envie, c'est d'acheter un pneu et/ou un "rim" pour la vieille "barouette"!

-Je n'ai pas le choix, je n'ai rien pour le gonfler.

-Attends, j'ai peut-être une pompe.

Il disparaît dans la maison et revient avec une petite pompe à brancher dans l'auto.

-Moi, c'est N., dit-il en me tendant la main.

-Annie. Et lui c'est qui?, je demande en me penchant pour caresser le petit Pug qu'il tient en laisse.

-Lui, c'est Charlie, je le garde pour un ami.

On s'installe pour brancher la pompe, il s'occupe du pneu et moi je tiens Charlie en laisse (c'est là que la fille est contente d'avoir été bénévole à la SPCA!). S'en suit une conversation où j'apprends qu'en fait, ce sont ses parents qui sont mes voisins et que lui est simplement venu s'occuper du terrain pendant leur absence(me semblait aussi que je le saurais si j'avais un voisin cute qui l'air de mon âge!). Il me dit qu'il vit à quelques rues d'ici, on discute du quartier et de nos apparts. Je commence à me dire qu'il n'est vraiment pas laid en-dessous de sa casquette et bien articulé en plus. Quand il me demande si j'ai un "gage" à pression, je réponds "ah! oui! mon ex m'en avait acheter un", histoire de "ploguer" que je suis célibataire. Lui réussit à "ploguer" qu'il s'est tiré un muscle dans la cuisse et n'ira pas au gym aujourd'hui. Tiens-tiens!

Une fois le pneu regonflé, il ramène la pompe chez ses parents et je l'attends avec Charlie dehors. Il revient, me souhaite bonne chance, je lui dis merci et là, je lance la phrase que j'ai eu le temps de préparer pendant les 15 minutes que le fichu pneu a pris pour reprendre sa forme:

- Est-ce que je peux faire quelque chose pour te remercier, N. ? (je suis aussi gonflée que le pneu, faut croire ;) )

- De la crème glacée!

- Tu veux que je t'achètes de la crème glacée?!

- Oui.

Je peux vous dire que je ne m'attendais vraiment pas à celle-là! Je croyais qu'il me demanderait mon numéro de téléphone, proposerait un verre ou un café, mais de la crème glacée? Jamais vu venir ce coup-là!

- Ok! Bon, ben, j'habite en face, mon numéro de porte c'est le 49, tu peux venir sonner et je t'achèterai de la crème glacée.

- Est-ce que je peux emmener Charlie?

- Oui-oui, pas de troubles. Merci encore!

- Bonne chance!

Je monte dans l'auto et je vais rajouter de l'air à la prochaine station-service comme il me l'a conseillé. Et là, je me dis que c'est vraiment étrange d'avoir rencontrer un gars comme ça sur ma rue. Une petite voix dans ma tête se met à dire que franchement! on ne sait même pas quel âge il a, qu'est-ce qu'il fait dans la vie, s'il connaît la définition du mot perspicace et qui est Che Guevara! C'est peut-être une brute épaisse comme on en voit tant! On n'est plus dans le confort virtuel du Réseau, on est dans la réalité! Pas de fiche ou de profil à consulter: l'inconnu!

Bof! je me dis qu'il ne viendra même pas la chercher sa crème glacée, et je poursuis mon chemin.

*****

Lundi après-midi, le hasard fait une fois de plus bien les choses, puisque je suis coiffée, maquillée et en jupe au moment où on sonne à la porte. C'est lui! Sans casquette, rasé et parfumé... quelqu'un essaie de m'impressionner je pense. Il a emmené le chien et mon chat n'est pas d'accord du tout. Alors je propose qu'on aille sur la rue Principale pour trouver de la crème glacée et il accepte.

Pendant deux heures, on marche, on parle, on mange la crème glacée promise. La conversation est facile, il est intéressant et cultivé. Il a un bac des HEC et ironiquement, il travaille dans une compagnie pharmaceutique. Il a 29 ans et a beaucoup voyagé. Au retour, on s'arrête chez lui déposer Charlie qui a la langue de plus en plus pendante, pauvre toutou. Il me propose un verre de jus et c'est vraiment drôle parce qu'il boit le même jus que moi: cocktail raisins-canneberges hypocalorique d'Ocean's Spray. Je ne connais personne d'autre que moi qui boit ça! Et dans son salon, qu'est-ce qui traîne mais son exemplaire de "Un petit pas pour l'homme" de Stéphane Dompierre, livre que j'ai moi-même lu trois fois. C'est vraiment étrange... et aucun "red flag", ce gars-là n'a jamais donné une seule mauvaise réponse à mes questions, jamais rien fait de déplacé ou d'épais! Wow! J'ai réussi à trouver un bon gars, éduqué, cultivé, ouvert d'esprit, drôle, cute et intelligent, tout ça en sortant de chez moi!

Vous rendez-vous compte que si j'étais sorti le matin au lieu de l'après-midi, il n'aurait pas vu mon "flat" et on ne serait pas rencontrés? En fait, si je n'avais pas eu de pneu dégonflé, il ne m'aurait pas parlé. C'était quoi l'alignement des planètes en fin de semaine? Parce qu'en plus de la nouvelle auto, j'ai eu une promotion au travail qui vient avec une augmentation de salaire. Et là, un bon gars tombe du ciel! Sérieux, est-ce que je devrais m'acheter des billets de loterie?

*****

Hier soir, j'étais complètement déboussolée et ne savais pas trop quoi faire. L'algorithme habituel qui me sert à classer/flusher les candidats ne fonctionne plus.

Après notre marche, je suis allée à l'épicerie et il m'avait dit de l'appeler si je ne faisais rien. La chose logique serait de l'inviter à souper, mais habituellement, j'attends de bien connaître quelqu'un avant de l'inviter chez moi et de cuisiner pour lui. J'ai hésité pendant 30 bonnes minutes et puis je me suis dit: tanpis! on se lance. Je l'ai invité à un petit barbecue impromptu.

Et ça a été cool... il m'a aidé à couper les patates, on a bu du vin rouge avec nos T-bones, que je n'ai pas brûlé (l'alignement des planètes...) et on a parlé de tout et de rien. Éventuellement, on s'est rapprochés physiquement et on s'est embrassés...

Je l'ai gentiment mis à la porte à minuit.